Avec la FONDATION HCL, soutenez la recherche sur les IOA en général, et particulièrement le projet PHAGEinLYON – Contre la résistance aux antibiotiques : des virus mangeurs de bactéries …


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Contexte

Le nombre de nouveaux antibiotiques mis sur le marché ne cesse de décroître depuis les années 1980, alors que la résistance aux antibiotiques se généralise au niveau mondial. Dans 30 ans, selon L’OMS, il y aura plus de décès dus à la résistance aux antibiotiques qu’au cancer.

Nombre de nouveaux antibiotiques approuvés aux USA et évolution de la résistance aux antibiotiques au cours du temps

 

Causes de mortalité en 2014 et évolution des décès à cause de l’antibiorésistance en 2050, selon le rapport O’Neill publié en 2014

De plus en plus de patients présentent des infections liées à des bactéries multi-résistantes ; pour certains, plus aucun antibiotique n’est actif… Aux Hospices civils de Lyon, l’équipe du CRIOAc Lyon a fait ce constat alarmant que les infections sur implants (prothèses de genou, de hanche), même en l’absence d’antibiorésistance, sont particulièrement difficiles à contrôler, et peuvent devenir chroniques, avec de très graves répercussions sur la qualité de vie : invalidité partielle ou totale, perte d’autonomie, voire décès des suites d’une septicémie.
Cette problématique se retrouvant dans des infections de toute nature, l’équipe Lyonnaise s’est fixée comme objectif de répondre à ce qui tend à devenir une question majeure de santé publique. Elle propose donc une alternative aux antibiotiques : la phagothérapie dans le cadre du projet PHAGEinLYON.
Cette thérapie repose sur l’utilisation de virus prédateurs naturels des bactéries, les bactériophages ou phages, pour détruire les bactéries et éradiquer ainsi les infections bactériennes.

Les Phages, ces virus amis de l’homme

Les phages sont des virus présents en grande quantité dans le milieu naturel (des milliards par litre d’eau) et qui s’attaquent exclusivement aux bactéries. Chaque espèce de phage s’attaque à une seule espèce de bactérie, ce qui en fait une arme très ciblée, contrairement aux antibiotiques qui attaquent aussi les bactéries utiles à l’homme (ex. flore digestive). Pour cela, le phage s’arrime à la surface de la bactérie dont il est le prédateur, injecte son ADN dans la bactérie ; il va alors détourner la machinerie bactérienne à son profit pour produire des milliers de copies de virus qui, pour être libérés, vont littéralement faire exploser la bactérie et ainsi la détruire définitivement, et ce, en à peine une demi-heure.

Sortir de l’exception !

Notre équipe a pu traiter par phagothérapie une quinzaine patients, à titre exceptionnel, sous la supervision de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Ces patients présentaient des infections de prothèse ou des infections graves à bactéries multi-résistantes, en échec des prises en charge habituelles, avec un pronostic vital et/ou fonctionnel menacé. Ces patients étaient dans une impasse thérapeutique. Ces patients ont été traités « à titre compassionnel », et donc tout à fait exceptionnel. Parce que nous avons obtenu des résultats très encourageants, nous devons sortir de l’exception !

Le CRIOAc Lyon souhaite démontrer la pertinence et surtout l’efficacité de la phagothérapie, pour que ce traitement fasse partie intégrante des solutions thérapeutiques disponibles pour les patients dans le cadre des IOA, mais potentiellement pour tout type d’infection résistante.

 

Objectif du projet : la thérapie phagique 2.0

1 – Exploiter la capacité naturelle des virus bactériophages à détruire des bactéries pour apporter une solution innovante pour traiter les patients en échec thérapeutique
2 – Initier la production de phages thérapeutiques complémentaires de celles proposées par les industriels ciblant les bactéries les plus fréquemment impliquées dans les infections résistantes aux traitements antibiotiques
3 – Mener des essais cliniques visant à optimiser l’utilisation et l’efficacité des phages afin de  contrôler, voire éradiquer ces infections, et in fine améliorer la qualité de vie et la survie des patients
4 – Participer à terme, à la création d’Etablissement(s) Français du Phage – sur le modèle des Etablissements Français du Sang – capable de fournir l’ensemble des hôpitaux Français en bactériophages pour traiter les patients en impasse thérapeutique

Plan d’action

Pour atteindre les objectifs du projet PHAGEinLyon,
il s’agit, au cours des 3 prochaines années :
• D’isoler des phages actifs sur les espèces bactériennes les plus fréquentes et constituer une ”phagobanque” académique comportant au moins 100 phages
• De développer des outils innovants permettant de déterminer les caractéristiques de ces phages et de tester leur activité sur les souches cliniques de bactéries identifiées sur des patients infectés : phagogramme, microscopie électronique, séquençage de génomes phagiques
• De produire des premiers lots de phages thérapeutiques dans des conditions optimales, selon un processus sécurisé répondant aux exigences des autorités de santé (GMP – Good Manufacturing Product) : purification et préparation sous forme de médicaments utilisables chez l’homme pour traiter des patients en échec thérapeutique
• D’implémenter des essais cliniques qui permettront de valider la place et l’impact de la phagothérapie dans l’arsenal thérapeutique chez les patients infectés, en premier lieu dans les infections de prothèses articulaires, avant d’envisager une extension à l’ensemble des infections complexes

Impact patient

  • Changer le devenir de chaque patient touché par une infection résistante aux antibiotiques, améliorer sa qualité de vie et ses chances de survie
  • Apporter une réponse à la crise de la résistance bactérienne, en passe de devenir LE problème majeur de santé publique des 30 prochaines années

Impact économique

  • Encourager une production académique de phages thérapeutiques, complémentaire de celle proposée par les industriels, à coût maitrisé sans équivalent en Europe
  • Eviter les surcoûts liés à la chronicisation des infections non contrôlées par les antibiotiques, éviter les rechutes et les hospitalisations itératives

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